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Lundi 31 mars 2008

Avis aux aventuriers… Le quartier Sainte Croix se transforme, le temps d’une semaine, en navire fantastique. Prêts pour le voyage ? Vous pourrez partir à la découverte de différentes îles et de leurs mystérieux peuples : les libraires du square Don Bedos, les éditeurs au conservatoire Antoine-Vitez…, tandis que les navigateurs en herbe trouveront leur bonheur place Renaudel. Des rencontres inédites vous attendent avec des professionnels de contrées lointaines telles que la Belgique, le Québec ou encore l’Afrique. Dépaysement garanti… Tous viennent partager, dans une ambiance festive, leur amour des arts et plus particulièrement de la littérature. De multiples animations viendront émailler ces journées : grands débats avec des écrivains sur des thèmes variés, cafés littéraires, entretiens, regards croisés, performances, activités pour les plus jeunes, jeux divers… Tous les goûts sont permis ! Et mêmes les petites souris, fidèles locataires des cales de notre bateau, ne sont pas en reste puisque, pour cette 6ème édition, le numérique s’invite à la fête !

L’aventure vous tente ? Embarquement du 4 au 6 avril à Bordeaux, Quartier Sainte Croix. Ouvrez grands vos yeux et… bon voyage !

 

Marion

Retrouvez le plan du site et le programme complet en liens ci-contre...
Par EdliBib - Publié dans : Programme - rendez-vous
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Lundi 31 mars 2008

Le mardi 1er avril 2008, aux Mots Bleus, 40, rue Poquelin Molière, un café-polar aura lieu dans le cadre des Escales du livre 2008: une rencontre autour du Nature Writing, courant  littéraire qui se développe aux Etats-Unis et dans lequel Dame Nature tient le premier rôle.

Néanmoins, le directeur éponyme de la maison d’édition à l’honneur le 1er avril, Olivier Gallmeister, précise au sujet de cette école : « On aurait tort de la réduire à sa seule dimension “ écologiste ” ou “ naturaliste ” : Moby Dick n’est-il qu’un traité sur la pêche à la baleine ? » Le poète américain Henry David Thoreau (1817-1862) est considéré comme le père fondateur du Nature Writing avec son roman autobiographique Walden qui conte deux années, deux mois et deux jours passés dans la forêt jouxtant l’étang de Walden Pont.

 

Le catalogue Nature Writing des éditions Gallmeister annonce immédiatement la couleur : grands espaces, trappeurs ou pêcheurs solitaires, autobiographies de globe-trotters… Into the wild. Le monde occidental et sa culture ne courbent pas sous les louanges des auteurs, cela va sans dire, c’est plutôt un retour aux sources, aux épopées dans l’Ouest, aux maisons dans la prairie qui sont narrés ici.

 Quelques auteurs pour quelques livres :

 Indian Creek de Pete Fromm [Extrait]


L'Or des fous
  de Rob Schultheis [Extrait]

 

 

Les Mots Bleus : 40, rue Poquelin Molière à Bordeaux 05.56.90.01.93

http://lesmotsbleus.neufblog.com/


 Lila.

Par EdliBib - Publié dans : Programme - rendez-vous
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Lundi 24 mars 2008




Le rapport Stein
, José Carlos Llop

Traduction de Edmond Raillard

Editions Jacqueline Chambon

98 pages

Paru le 30 janvier 2008

 

« Convoiter le bien d’autrui est source de malheur. »

 

Lorsque Guillermo Stein pénètre en cours d’année le monde clos du collège jésuite de cette ville espagnole des années 60, il fait figure de menace.  A tout moment risque de rompre le voile fragile et rassurant de l’équilibre que ces adolescents ont  jeté sur leurs vies.

 

Tache de blondeur, de couleur et de lumière dans un univers monochrome où les pulls sont gris et les raies plaquées sur le côté, il fascine et effraie tout à la fois. Mais qui est-il ?

« Mon père a été l’ami du conte Ciano et moi je suis un agent secret de Sa Sainteté. »

Cette affirmation suffit à mettre en branle les esprits et c’est alors que les élèves initient le rapport Stein.

 

Pablo Ridorsa est de ceux-là.  Adolescent rêveur qui voudrait vivre dans un de ces récits de Kipling que le père Narval leur lit en fin d’étude, vivre « avant que passent les années, qui décident toutes seules et t’embarquent entre leurs pages, comme on embarquait les marins autrefois : de force, à la pointe des baïonnettes des soldats du roi ».

En réalité, confiné dans l’air pesant et les habitudes confites de ses grands-parents, Pablo vit chez eux depuis que ses parents ne sont plus qu’une signature au dos d’une vue « couleurs d’ambre » de Tanger, de Nice ou de Buenos Aires.

 

Pourquoi donc sont-ils partis ?

 

Cette question là, il ne se la pose même pas.  Pourtant, quand les langues se délient, planent les ombres de la vérité, de la guerre, du fascisme, des erreurs irrémédiables et de la responsabilité des adultes. « Parce que le monde des adultes est dégoûtant. Si tu n’es pas sale, le monde des adultes te salit ; si tu n’es pas assez sale, il essaie de te salir un peu plus. C’est ça le monde des adultes et le reste c’est des chansons. […] Mais il ne dépend que de toi que le monde des adultes ne t’entraîne pas dans son bourbier. Cela ne dépendra que de toi, pendant toute ta vie. Oublie ce qu’on t’a raconté et laisse les autres écoper la boue. »

 

La quête de l’identité de Stein, c’est le deuil de l’innocence, que José Carlos Llop nous conte avec pudeur, avec douceur. Il nous inocule peu à peu, au fil des répétitions, la mélancolie d’une violence latente, avec une poésie telle qu’elle ne devient jamais un choc.

 

Troisième roman de l’écrivain traduit en France après Parle-moi du troisième homme (2005) et Le Messager d’Alger (2006), Le rapport Stein est toutefois le premier roman de Llop, publié en Espagne en 1995.  Ecrivain multiforme, à la fois auteur de nouvelles, de poèmes, de romans et d’essais, il offre en 100 pages une prose humble dont la richesse des événements nous conduit avec délice jusqu’à la révélation finale.

Inès La. (AS Edition/ Librairie)

Par EdliBib - Publié dans : Nouveautés 2008
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Samedi 15 mars 2008
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Swap
, Antony Moore
Traduction de Jean Esch
Editions Liana Lévi
350 pages
Titre original : The Swap
Paru le 3 janvier 2008
 
1982. St Ives, petite ville pluvieuse des Cornouailles. Harvey, 12 ans, échange un exemplaire original du Superman numéro 1 contre un vulgaire tuyau en plastique. Ce simple souvenir, c’est l’histoire de sa vie. Vingt ans qu’il le rumine et le répète à qui veut bien l’entendre. Vingt ans qu’il cogite là-dessus et qu’il fantasme sur la vie qu’il aurait pu avoir. D’un autre côté, on le comprend. C’est quand même dur à avaler cette histoire. Parce que ce fameux comics, il vaut à peu de choses près quelques centaines de milliers de dollars aujourd’hui. Ça il le sait, puisque, ironie du sort, il a ouvert sa propre boutique de BD à Londres : Inaction Comix (la traduction donne « les BD en action » ou bien « les BD de l'inaction », même si, au vu du taux de fréquentation du magasin et de la motivation des deux employés, on serait plutôt tentés de pencher pour la deuxième option).
 
« – Tout ce que j’aurais pu faire. […] Tout ce qui aurait pu m’arriver.
Harvey en avait fait une rengaine, un petit numéro ironique à l’attention de Josh. Que pouvait-il faire d’autre ? Il avait raconté cette histoire trop souvent. »
 
Bref. Harvey vit dans le passé. Ce n’est plus que l’ombre du garçon qu’il était à cette époque. En y repensant, il était plutôt populaire, d’ailleurs. Contrairement à ce qu’il est aujourd’hui. Depuis, il noie son chagrin dans la bière. Pour oublier. C’est plutôt efficace mais pour le côté glamour du ventre travaillé à coups de Watneys (une de ses marques préférées), on repassera. C’est simple : il supporte de moins en moins son reflet dans le miroir. Le seul sentiment qui puisse l’aider à continuer d’avancer dans la vie, c’est la curiosité. La curiosité de savoir ce que Charles « Bleeder » Odd, ancien souffre-douleur de l’école, a fait de cette BD. Sans compter l’espoir (naïf, peut-être) de revoir Bleeder aux réunions annuelles des anciens élèves. Seulement, ce dernier n’est jamais allé à aucune de ces réunions. Faut dire qu’à l’école, il en a bavé le Bleeder. Avec ses « camarades » d’abord, qui le tabassaient à répétition et qui ne manquaient pas de lui faire savoir ce qu’ils pensaient de lui. Bleeder, traduit littéralement, ça veut dire hémophile. Pas étonnant qu’il saigne en permanence avec tous les coups qu’il prenait. Mais Bleeder, en argot anglais, ça veut également dire « pauvre gars ». « Bleeder le Bizarre » comme ils l’appelaient. Et puis, il y avait sa mère aussi. Cette « vieille folle » à qui tout le monde reprochait d’être une femme un peu facile. Alors voilà. Bleeder avait quitté la ville il y avait presque vingt ans. Et n’y avait pas remis les pieds (ça me rappelle une chanson de Lou Reed qui disait « When you’re growing up in a small town […] you hate it and you know you’ll have to leave »). Mais cette année, c’est différent. C’est la vingtième année que tous les anciens se réunissent alors c’est « plus cérémonieux ». Et Bleeder, de passage dans le coin, fait un saut à la petite fête. Harvey croit alors ses années de galères terminées. Suffit juste de demander à ce bon vieux Charles de lui rendre sa BD. Parce qu’au fond, c’est bien lui le spécialiste de la chose. C’est bien lui qui a ouvert une boutique de comics. Et lui qui va revendre cette BD aux enchères à un prix exorbitant (et devenir riche, enfin). Sauf que Bleeder ramène avec lui de bien mauvais souvenirs. Des souvenirs que tout le monde pensait enfouis avec les années et que personne n’espérait voir resurgir un jour.
 
Swap, c’est le premier roman d’un jeune psychiatre anglais. Un roman fort réussi d’ailleurs, qui mêle parfaitement comédie et polar, le tout teinté d’humour noir tout à fait cinglant. Alors, on pourra certainement reprocher à Moore de jouer la carte de la facilité en nous ressortant les bons vieux clichés de derrière les fagots. On a tour à tour l’éternel adolescent collectionneur de BD, le joueur de rugby, véritable armoire à glace qui cogne sur tout ce qui bouge et qui réfléchit ensuite, le gentil flic, la jolie fille… Et tout ça se cuite bien gentiment à la bière (sauf le policier évidemment, ou alors pas en service). Parce que oui, plus qu’une coutume, la bière semble être une véritable tradition au Royaume-Uni, un passage obligé.
 
« – Les salopards.
Harvey posa brutalement sur la table un verre à vin contenant un liquide verdâtre. Il s’était également rapporté une pinte, qu’il posa avec plus de douceur.
– Qui ça ? […]
– Ces foutus joueurs de fléchettes. Ils étaient morts de rire que je commande une menthe à l’eau. Il a fallu que je commande une pinte en plus, pour pas qu’ils disent que c’était pour moi. Tu bois vraiment ce truc, Charles ? Ou alors, c’était juste pour rire ? »
 
Cependant, l’auteur maîtrise parfaitement bien son sujet et dresse des profils psychologiques fouillés. Certains diront trop fouillés, alourdissant inévitablement le style (cf. une critique lue sur internet). C’est vrai. Certains points de détails redondants pourraient être abandonnés. Néanmoins, il est intéressant de suivre l’évolution de chaque personnage dans ses comportements et dans l’expression de ses sentiments. De même, Moore aborde des sujets importants mais difficiles tels que les traumatismes liés à l’enfance (on apprend dans le roman que le personnage de Bleeder, alors adulte, suit une psychanalyse pour tenter d’affronter ses souvenirs, souvent refoulés, d’enfant maltraité par des « camarades de jeu » cruels et par une mère violente), l’aliénation par la famille, la névrose obsessionnelle, le comportement d’échec... Autant de thèmes à travers lesquels on perçoit toute l’expérience professionnelle du psychiatre / auteur qui, imagine-t-on, à certainement déjà dû traiter des patients présentant des symptômes similaires.
 
 
Guillaume D, 2A BIB.

 

Par EdliBib - Publié dans : Nouveautés 2008
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Samedi 15 mars 2008

je_suis_un_enfant_de_partout.jpg

Collectif d’auteurs, images de Judith Gueyfier
Editions Rue du Monde
Collection « Graines de mots »
Paru le 28/02/2008, 16 euros.
 
 
Depuis bientôt 12 ans, le petit éditeur militant Rue du monde, dirigé par Alain Serres, défend ses idées. Depuis son premier succès fin 1996, Le grand livre des droits de l’enfant, il nous fait découvrir l’Autre grâce à des textes curieux et sensibles, mis en couleurs par des illustrateurs qui traversent l’arc-en-ciel. La plupart des ouvrages sont nés de rencontres et de l’envie de faire passer un message universel. Rue du monde a notamment défendu le prêt gratuit en bibliothèque grâce à une affiche signée Pef diffusée à près de 8000 exemplaires : « Liberté, égalité, gratuité du prêt » !
Un nouveau recueil collectif de 50 poèmes pour les 9-12 ans illustré par Judith Gueyfier, Je suis un enfant de partout, sort aujourd’hui. Au fil des pages et des pays, nous ouvrons les yeux sur nos ressemblances plutôt que sur nos différences... Ici et ailleurs, des enfants inventent leurs rêves :
« Pour le moment je suis ici,
dit-il en montrant du doigt
les lignes neuves de sa main.
L’avenir, c’est tout droit
d’autres chemins viendront
que nul savon n’effacera. »
(Ici, Pef)
Cet ouvrage a été mis à l’honneur dans le cadre des dix ans du Printemps des poètes (3-16 mars 2008) sur le thème « Eloge de l’autre » dont les éditions Rue du monde étaient partenaire.
 
Par Fanny P.
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Dimanche 2 mars 2008

nous_vieillirons_ensemble.jpg

Nous vieillirons ensemble
Camille de Peretti
Stock, 336 pages
20 euros
Parution : 30 janvier 2008
 
Nous vieillirons ensemble est le troisième roman de la jeune et talentueuse auteur Camille de Peretti qui nous livre ici, sous forme narrative, un réel élément de réflexion sur la vieillesse, étape de la vie dont on préfère souvent ne pas parler, voire même ne pas se souvenir de l’existence. Cet ouvrage nous plonge en effet au cœur d’un dimanche presque ordinaire d’une maison de retraite de la banlieue parisienne, Les Bégonias, où se côtoient des hommes et des femmes aux parcours très différents. Au détour des couloirs on peut croiser Nini, la maniaco-dépressive qui attend la visite de sa nièce Camille, Mme Barbier, ex-buraliste qui se serait bien vue mourir derrière son comptoir, M. Dreyfus, un vieux fou qui se prend pour un capitaine de navire ou bien encore M. Destroismaisons qui rend quotidiennement visite à sa femme adorée victime d’un Alzheimer. Très subtilement et avec beaucoup de justesse, les vies et les pensées des pensionnaires et des membres du personnel nous sont déroulées, mettant notamment au jour les raisons de leur présence aux Bégonias. Parfois drôle, souvent matière à réflexion, ce livre nous offre des fragments de vies que seule la vieillesse a pu réunir dans un lieu où la maladie et la mort sont quasi omniprésents. On ressort chamboulé de cette lecture qui s’avère être dérangeante car elle bouscule notre refoulement instinctif de la vieillesse, prélude de la mort.

Anthony G. (2A Edition/Librairie)

Rencontre samedi 5 avril à 16h00, Espace Rencontre Dom Bedos B23.
Stand B10 : Librairie Virgin Megastore


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Samedi 23 février 2008


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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin, Gallimard, (Arcades), 151 p.
Parution : 17 janvier 2008
Titre original: « The Colossus of New York »
 
Colson Whitehead est né en 1969 à New-York. Après avoir effectué sa scolarité à la Trinity School de New-York, il sera diplômé du Harvard College en 1991. Critique au Village Voice pour la littérature et la musique, il écrit quatre oeuvres. Le colosse de New-York n’est pas son dernier roman. Ecrit en 2003, il n’est publié en France qu’en janvier 2008. Colson Whitehead vit aujourd’hui à Brooklyn.
 
Bibliographie :
L’intuitionniste, 1999
Ballades pour John Henry, 2001
Le colosse de New-York, 2003
Apex ou le cache-blessure, 2006
 
« Si je suis ici, c’est parce que je suis né ici, à jamais perdu pour le reste du monde, mais vous, je ne sais pas. » Ainsi débute la première nouvelle de ce recueil consacré à la ville de New-York. Treize nouvelles intitulées « Les portes de la ville », « Gare routière », « Matin », « Central Park », « Métro », « Pluie », « Broadway », « Coney Island », « Pont de Brooklyn », « Heure de pointe », « En ville », « Times Square », « JFK » qui relatent des errances, des espoirs, des déceptions et surtout des histoires personnelles ou collectives vécues à travers la ville de New York, par elle, en elle. Ces nouvelles écrites par un New-Yorkais à propos de sa ville apparaissent comme presque viscérales dans la relation de l’être à la ville. Une relation faite de lutte, de possession, d’amour et de haine confondus.
 
Encadré pas une arrivée (« Gare routière ») et un départ (« JFK »), ce recueil explore les différentes facettes de la ville et son influence sur les personnes, citadines ou provinciales, du New-Yorkais de souche qui se réinvente une personnalité dans les bars de nuit au touriste émerveillé par les trésors de la ville. Ces trésors qui d’ailleurs sont autant de passages obligés, d’énigmes et de pièges. La ville se révèle vorace, matricielle, vivante et presque mystique par certains aspects puisqu’elle semble posséder ceux qui y habitent, jouer avec eux, les perdre… Elle leur fait miroiter des avenirs, leur fait entrevoir ce qu’ils pourraient être, ce qu’ils ne seront jamais. Ainsi, la promenade du narrateur peut rapidement se révéler être une lutte entre ce dernier et New York pour savoir qui aura le contrôle sur l’autre. Le promeneur ne semble jamais être le plus fort, celui qui fera ployer la ville, la dominera et la possédera. Personne ne la possède jamais, elle a sa force et son énergie propres.
 
Parlant de sa ville, Colson Whitehead réussit le tour de force d’éviter tous les clichés malgré le fait qu’elle soit la ville la plus connue, la plus médiatisée du monde. S’il choisit des lieux toujours représentatifs de New York, ses nouvelles se déroulent à des moments privilégiés comme au petit matin, le soir, sous la pluie. Il nous livre le portrait d’une ville à travers son regard propre de « natif ». Cette ville est un personnage à part entière, le plus important, le premier rôle. Autour de qui évoluent de nombreux personnages, toujours anonymes. Que ce soit la foule ou des personnes prises dans leur individualité, à leur insu, ils jouent tous un rôle, secondaire certes mais sans lequel le premier n’existerait pas puisque ce sont eux qui façonnent la ville, qui la transforment, qui tentent de se l’approprier. Il s’agit d’un thème important dans ce recueil. L’oubli prend une place importante notamment depuis le 11 septembre chez les écrivains américains. Ici, il s’agit de distinguer ce qui fera d’un habitant un New-Yorkais à part entière.
« Quel que soit le temps que vous avez passé ici, vous êtes un vrai New-Yorkais lorsque vous commencez à dire : ça, avant, c’était Munsey’s, ou : ça, avant, c’était le Tic Toc Lounge. A dire qu’avant que le cybercafé se connecte, vous faisiez ressemeler vos chaussures dans la petite boutique familiale qui se trouvait là. On est un vrai New-Yorkais quand ce qui était là avant devient plus réel et palpable que ce qui est là maintenant. »
Il existe donc bien une culture de la mémoire, différente chez chacun selon son passé avec la ville mais qui façonne son statut par rapport à elle. Statut qui quel qu’il soit ne semble pas pouvoir être une quelconque appropriation.
 
Pour en savoir plus, il existe un site sur Colson Whitehead :
 
Elise (2A BIB)
Par EdliBib - Publié dans : Nouveautés 2008
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Jeudi 21 février 2008
Présentation de la programmation
 
 
>>Littérature générale
 
            La manifestation mise sur des rencontres, des débats, des cafés littéraires pour présenter les livres et leurs auteurs au public. Ces dernières sont suivies de ventes de livres et de séances de dédicace, l’objectif étant que la présence sur stand ne soit qu’un prolongement et non une fin en soi.
 
            La programmation est construite autour de grands débats prévus du vendredi après midi au dimanche, de « regards croisés » organisés autour du dialogue de deux ou trois auteurs, d’« entretiens », de cafés littéraires et de « coups de projecteur » sur des livres, auteurs présents. Des lectures sont prévues ainsi que des performances réalisées par des auteurs qui ont souhaité présenter autrement leur œuvre au public.
 
 
# Grands débats #
 
Faire entendre la littérature telle qu’elle s’écrit aujourd’hui : c’est l’objet des cinq grands débats et dialogues organisés dans le cadre de l’ Escale du Livre 2008.
 
 
Le monde en marche : Les nouveaux territoires de la fiction 
Une réflexion sur les territoires de la littérature contemporaine et les sujets abordés par la littérature de notre temps. Qu’ont encore à dire les écrivains, à donner à lire ? De quels sujets s’emparent-ils, aident-ils notre réflexion sur l’état du monde ? De quelle manière nous dépassent-ils, nous emportent-ils plus loin ?
Jean-Yves Cendrey, Liquidation, l’Olivier
Yves Pagès, Le soi-disant, Verticales
Eric Chauvier, Si l’enfant ne réagit pas, Allia
 Vendredi 4 avril à 17H00
 
 
Dialogue : Le monde est mon métier
Peut-on « tout » dire ? Choisir la vérité ou la « tamiser » ? Jusqu’où un journaliste peut-il, comme ils l’ont fait, interpréter l’événement et non pas seulement le photographier ? Quelle est la place des convictions dans le devoir d'informer ?
Dans cet ouvrage à quatre mains, Le monde est mon métier (Grasset), Jean Lacouture et Bernard Guetta font chacun une rétrospective critique sur la carrière de l'autre.
Face-à-face, ces deux hommes dialoguent, confrontent leur vécu, leurs enthousiasmes, leurs déceptions.
Deux journalistes, deux générations, deux expériences...
 
Samedi 5 avril à 15H00
 
 
 
 
 
Le monde en marche : Mai 68, un vent de liberté pour la littérature
Révolution, révolte, émeutes, quel que soit le nom que l’on donne aux évènements de Mai 68, une page a été tournée et tout particulièrement en France.
Mais connaissons-nous réellement Mai 68 ? Alors que l’héritage de Mai 68 fait polémique, écrivains, sociologues, politologues viendront témoigner sur cette effervescence et tenteront de nous montrer l’ampleur d’un des évènements majeurs du XXe siècle.
Daniel Picouly, 68, Mon amour, Grasset
Frédérique Matonti, Mai/Juin 68, Connaissez-vous vraiment Mai 68 ? Editions de l’Atelier
Michel Chemin, Street fighting man, 1968, Sous les pavés, le rock. Castor Astral.
Patrick Mahé, 68, nos années chocs, Plon
Samedi 5 avril à 17H00
 
 
 
Dialogue : Les nouvelles menaces de la censure
Année 2008, en France, pays de la liberté et des droits de l’homme, prenons-nous la voie de la censure ?
Sévit-elle comme certains l’affirment dans tous les domaines : presse, cinéma, arts plastiques, livres, théâtre, musique, jeux vidéo, télévision, etc. ?
Si le principe de la liberté d’expression est reconnu et protégé, reste-t-il d’actualité ?
Qu’est-ce que la censure ? Où s'exerce-t-elle ? Qui l'impose ? Sous quelles formes ?
Dialogue sur la liberté d’expression, le poids de l’économie dans les médias, la protection des sources, la liberté de la presse et toutes les autres formes de censure entre Jean-François Kahn, journaliste fondateur de l’hebdomadaire « Marianne », auteur de L’Abécédaire Mal-Pensant (Plon) et Emmanuel Pierrat, auteur de Le livre noir de la censure (Seuil), avocat du monde de l’édition.
Dimanche 6 avril à 15H00
 
 
Le monde en marche : Ecrire à l’heure du numérique
Auteurs, éditeurs, le monde du livre a été bouleversé par la webmondialisation. Sites, pages myspace, blogs… Ce phénomène rencontre un véritable succès populaire et bien évidemment les écrivains se sont emparés de ce nouvel espace d’écriture.
Sorte de « carnet de bord en ligne » mis à jour régulièrement, le blog permet de réagir à chaud à l’actualité et contribue ainsi à une grande créativité.
Qu’est-ce qui pousse un écrivain à « bloguer » ? Son activité d’écriture, via le livre, est-elle totalement dissociée de ses « billets d’humeurs » sur Internet ?
Ces deux formes d’écritures se complètent-elles ? Est-ce une production esthétique et artistique à part entière ? Peut-on voir dans le blog une sorte de salon littéraire, et une possibilité de séduire un nouveau lectorat ?
David Foenkinos et Serge Joncour, avec leur blog, Emmanuel Adely, avec sa revue de presse et ses ouvrages en ligne, chacun, à sa façon, imagine un espace de création sans contrainte avec une grande facilité de publication, une grande liberté éditoriale et une interaction avec le lectorat. Ils feront part au public de leurs expériences.
Dimanche 6 avril à 17H00
 
 
 
# Les regards croisés #
 
Des écrivains discutent de leurs affinités, de leurs goûts littéraires à travers leur propre travail, de thèmes qui les touchent.
 
· François Bégaudeau (Fin de l’histoire, Verticales) invite Joy Sorman et Stéphanie Vincent, (Quatorze femmes, Gallimard) à discuter du féminisme aujourd’hui.
 
· Véronique Ovaldé, (Et, mon cœur transparent, L’Olivier) invite Cécile Ladjali, (Les vies d’Emily Pearl, Actes Sud). Chacune lira un extrait du livre de l’autre.
 
·Gilles Leroy (Alabama Song, Mercure de France) discute avec René de Ceccatty (Nuit en pays étranger, Julliard).
 
·Colette Fellous, (Plein été, Gallimard) auteure et éditeur chez Mercure de France invite Rosetta Loy, (La première main, Mercure de France)
 
·Marie Desplechin écrivaine et Thierry Thieu Niang, chorégraphe, discuteront des rapports entre la danse et la littérature
 
·Quand la fiction devient témoignage avec Sorj Chalandon (Mon traître, Grasset) et Yves Harté, grand reporter à Sud Ouest, rédacteur en chef Sud Ouest Dimanche.
 
 
# Les grands entretiens #
 
Des figures de la littérature sont invités à retracer leur parcours, à présenter leur œuvre, leurs rencontres.
 
· Roger Grenier, Instantanés, Gallimard.
« Tous ceux dont je parle ici, ou presque tous, je les ai connus personnellement. Et je continue à penser à eux, toujours avec sympathie et, pour quelques-uns, avec affection. »
Instantanés est un véritable album de famille. Roger Grenier se souvient de tous les écrivains qu’il a croisé du journal « Combats » aux éditions Gallimard, de Dominique Aury, Romain Gary, Gaston Gallimard, Ionesco, Albert Camus, Raymond Queneau, Jacques Prévert... Un casting brillant de la littérature de la seconde moitié du XXe siècle.
 
Roger Grenier, né en 1919, participe en 1944 à la libération de Paris ; il a été engagé par la suite par Albert Camus dans l'équipe de Combat puis à France Soir.
Homme de radio, scénariste pour la télévision et le cinéma, conseiller littéraire pour Gallimard, Grand Prix de l'Académie Française en 1985 pour l'ensemble de son œuvre... plus d'une trentaine d'ouvrages, romans, dont deux Best Sellers Le palais d'hiver en 1965 et Cinéroman, Prix Femina en 1972.
Entretien présenté par Alain Jeannel et Maïalen Lafite, Universitaires.
Dimanche 6 avril à 16h00, à l’Atelier - rue J. D’Welles
 
 
· Wajdi Mouawad, Assoiffés, Leméac, Actes Sud-Papiers
En avant-première pour l’Escale du livre, Wajdi MOUAWAD nous parlera de son travail et ses écrits théâtraux sous forme d’une lecture d’un texte autobiographique intitulé Seul.
Wajdi Mouawad est un auteur, metteur en scène et un comédien qui vit au Québec. Il a signé la mise en scène de nombreux spectacles tels que Six personnages en quête d’auteur, Les Troyennes et a également mis en scène ses propres textes dont Littoral et Rêves. Littoral lui a valu le Prix du Gouverneur Général en 2000 et a été présenté au Festival d’Avignon en 1998. Wajdi Mouawad a signé l’adaptation théâtrale d’œuvres comme Don Quichotte de Cervantès et Trainspotting de Welsh.
Après avoir été Directeur artistique au Théâtre de Quat’Sous à Montréal, il occupe depuis septembre dernier, le poste de directeur artistique du théâtre français du Centre National des Arts d'Ottawa.
Dimanche 6 avril
 
· Rencontre autour de Françoise Sagan
Françoise Sagan a marqué l’histoire des lettres et des mœurs.
Née en 1935, dans le Lot, Françoise Quoirez - qui prendra le pseudonyme de Françoise Sagan emprunté à un personnage de Proust - est issue d’une famille bourgeoise. À la sortie de son livre Bonjour tristesse (Julliard) en 1954, la presse s’emballe pour le ton nouveau de cette mineure ; le livre reçoit le Prix des Critiques et est encensé par François Mauriac.
C’est la gloire pour Françoise Sagan ; elle devient l’icône de la jeunesse affranchie des années 50 et 60.
« La gloire, je l'ai rencontrée à 18 ans en 188 pages, c'était comme un coup de grisou », dira-t-elle plus tard.
Françoise Sagan va mener une vie pleine d'excès et de petits scandales insolents. Grisée par le succès, les voitures de sport, l'argent, le jeu, la drogue, l'alcool, elle défraie souvent la chronique mondaine.
À la fin des années 70, Annick GEILLE rencontre Françoise Sagan dans l’intention de lui demander une nouvelle inédite pour le magazine Playboy. Coup de foudre. Les deux femmes ne se quitteront plus durant plusieurs mois. Devenue romancière, Annick Geille aura mis trente ans à publier ses souvenirs, dans Un amour de Sagan (Pauvert).
Denis WESTHOFF est le fils unique de Françoise Sagan. Ce photographe de 45 ans gère aujourd’hui l’œuvre (et les dettes) que lui a léguée sa mère. Il nous raconte la vie quotidienne de l’auteur de Bonjour Tristesse.
Rencontre avec Denis Westhoff, le fils de Françoise Sagan, et Annick Geille auteur de Un amour de Sagan (Pauvert)
 
 
# Les cafés littéraires #
 
De 11h30 à 18h30, toute l’actualité littéraire nationale et régionale sera présentée par des journalistes et chroniqueurs littéraires sous forme de cafés littéraires :
· Léonora Miano, Tels des astres éteints, Plon
· Bernard Souviraa, Parades, l’Olivier
· Gabriel Okoundji, Prière aux ancêtres, Fédérop
· Rencontre autour du journal d’Hélène Berr, Tallandier
· Mariane Rubinstein, Le journal de Yaël Koppman, Sabine Wespieser
· Autour d’Elvis Presley, rencontre suite à la traduction du livre de Peter Guralnick, Elvis Presley, last train ton Memphis, Castor Astral
· Luc Lang, Cruels, 13, Stock
· Mathieu Larnaudie, Strangulation, Gallimard
· Eric Des Garets, Petit dictionnaire Mauriac, Le Festin
· Autour du Journal d’Hélène Berr (Tallandier), avec Mariette Job sa nièce et Antoine Sabbagh son éditeur.
 
 
 
           
# Lectures, performances littéraires et musicales #
 
Théâtre national Bordeaux Aquitaine / Conservatoire
Samedi et dimanche, de 14h30 à 19h00.
 
 
· Fin de l’histoire
Lecture par François Bégaudeau et Cécile Backès de Fin de l’histoire (Verticales)
François BÉGAUDEAU, dans son écrit, Fin de l’histoire (Verticales) retranscrit l'intégralité de la conférence de presse de l'ex-otage Florence Aubenas,retenue durant cinq mois en Irak, la décrypte, la décortique et décrit ce qu'il éprouve tout en délivrant un message féministe.
 
Ancien chanteur des Zabriskie Point, devenu professeur, François BÉGAUDEAU publie son premier roman Jouer juste en 2003, suivi de Dans la diagonale en 2005, puis de Entre les murs en 2006. Depuis 2006, il est chroniqueur littéraire sur Canal + dans "La Matinale".
 
· Olivia Rosenthal et Denis Lachaud dépassent les bornes
Ils donneront une lecture d’un texte écrit spécialement pour l’Escale du livre 2008, dans la lignée de Ecrivains en colère, lu en avril 2007 à l’Escale du livre
Après avoir laissé exploser leur colère, Denis Lachaud et Olivia Rosenthal se sont calmés. Ils reviennent aujourd’hui pour raconter pourquoi et comment ils ont franchi de hautes grilles et des portes bien gardées pour aller rencontrer des personnes âgées démentes et des psychotiques dans leurs asiles respectifs.
 
·Collision
Performance – lecture, Gabriel Mwènè Okoundji, Denis Cointe
Collision de mots, de gestes, choc de deux corps dont l'un, au moins, est en mouvement.
Les textes en tégué et la voix de Gabriel Okoundji, les actions et images vivantes de Denis Cointe entreront en collision, avec le public, pour au final donner à chacun, à partir des signes et du symbole, à vivre sa propre expérience de femme et d’homme, bref, d’humain que nous sommes sur les sentiers de nos parcours de vie.
Création sonore : Frederick Cazaux
 
 
·Lectures par des comédiens
Comme l’an passé, des comédiens s’approprieront des textes de quelques auteurs présents sur la manifestation.
Avec le concours des Visiteurs du Soir
 
Par EdliBib - Publié dans : Programme - rendez-vous
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  • : Du 4 au 6 avril 2008 se tient la 6e édition de l'Escale du livre, à Bordeaux. Ce blog a pour mission de vous le faire vivre de l'intérieur. Chroniques, articles de fond, entretiens...un complément de la gazette qui sera distribuée sur place. En partenariat pour la rédaction des articles et la conception avec l'IUT des Métiers du Livre de Bordeaux III.

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