
"C'est le premier jour où je me sens réellement en vacances [...] le premier jour aussi où je vais porter l'étoile jaune. Ce sont les deux aspects de la vie actuelle: la fraîcheur, la beauté, la jeunesse de la vie incarnée par cette matinée limpide; la barbarie et le mal, représentés par cette étoile jaune".
Hélène Berr nous raconte comment on grandit sous l'ombre d'une sale guerre, cette guerre si présente et si lointaine. L'auteur décrit son adolescence et son entrée forcée dans le monde adulte pourtant son écriture reste fraîche, sans méchanceté, objective et franche. C'est un éloge aux petits bonheurs de la vie...car bien souvent c'est ce qui permet de tenir et de continuer le combat.
Annaelle D.
Le Journal d’Hélène Berr a été publié en janvier 2008 aux éditions Tallandier. Ce livre est le témoignage d’une jeune
fille juive qui a commencé à écrire en 1942 et a été déportée en 1944. Elle est morte en 1945 au camp de Bergen-Belsen, quelques jours avant la libération du camp par l’armée
britannique.
C’est grâce à Mariette Job que ce journal a pu être publié, dévoilant ainsi au grand public un témoignage poignant, longtemps resté un
douloureux trésor familial et déposé depuis 2002 au Mémorial de la Shoah.
Les Éditions Tallandier sont à l’origine, en 1875, une librairie, la Librairie Illustrée, proche d’un public qui s’intéresse alors à la photographie et plus tard à l’émergence du cinéma. Au bout de vingt-cinq ans de succès, elle est rebaptisée Librairie Jules Tallandier, du nom du nouveau propriétaire. Il impose d’emblée l’histoire comme ligne éditoriale et souhaite faire lire le plus grand nombre.
En 1908, Jules Tallandier crée le magazine littéraire Lisez-moi, bientôt suivi d’un Lisez-moi bleu et de Lisez-moi Historia (qui deviendra Historia).
Jules Tallandier s’impose rapidement comme un éditeur majeur de genres dits aujourd’hui mineurs : le « roman d’aventure » (Salgari, Paul d’Ivoi…), le « roman populaire » (Jules Mary, les premiers Simenon, le premier Maigret…) ou le « roman mystérieux » rebaptisé depuis roman policier.
En 1914, la guerre éclate et la maison recentre sa politique éditoriale sur l’histoire. Jules Tallandier lance alors la revue Panorama de la Guerre. 35 millions de fascicules sont vendus. Le papier étant rare, Tallandier invente Le Livre de Poche en 1916. Ce sont de petits livres très courts qui imposent le genre qu’on appellera « roman sentimental » avec notamment des auteurs comme Delly, Max du Veuzit, Magali, Claude Virmonne, Léo Dartey, Line Droze ou Barbara Cartland.
En 1932, Jules Tallandier crée Le Journal de la Femme, premier « hebdomadaire féminin-féministe » qui sera interdit par les Allemands en 1942. Deux ans plus tard, Rémy Dumoncel, son gendre,
devenu directeur littéraire de la maison, est arrêté, déporté, assassiné en camp pour avoir sauvé des centaines de réfugiés juifs (des écrivains notamment).
Les Éditions Tallandier se déclinent aujourd’hui en de nombreuses collections touchant à des périodes et événements majeurs de l’Histoire, ce qu’illustre ce nouveau
témoignage sur la Seconde Guerre mondiale.
Vendredi 04 mars, rencontre avec Mariette Job, la nièce d’Hélène Berr, au TnBA à 15h30, accompagnée d’Antoine Sabbagh,
maître d’œuvre de la publication du Journal d’Hélène Berr.
Des extraits du Journal seront également lus par Ariane Ascaride le dimanche 06
avril à 14h30 à l’Atelier du TnBA.
Mariette Job sera présente sur le stand de la librairie du Jardin des Lettres (B11).
Delphine
R. et Isabelle M.
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